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Thea Musgrave, quand l'histoire et les arts visuels réinventent l'opéra
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Le 27 mai 1928 naissait dans la banlieue d’Édimbourg, en Écosse, l’une des figures majeures et les plus respectées de la création musicale contemporaine : Thea Musgrave. Célèbre pour son immense catalogue d’opéras et ses œuvres théâtrales, elle est une compositrice dont la plume a su marier avec un génie rare la musique, l’histoire et les arts visuels.

Des bancs d’Édimbourg à la classe de Nadia Boulanger

Thea Musgrave commence son parcours académique à l’Université d’Édimbourg, où elle pose les bases de son écriture musicale. Mais c’est au début des années 1950 qu’elle franchit une étape décisive en s’installant à Paris. De 1950 à 1954, elle devient l’élève de la légendaire pédagogue Nadia Boulanger, qui a vu passer les plus grands compositeurs du XXème siècle.

Son horizon s’élargit encore en 1958 lorsqu’elle traverse l’Atlantique pour participer au célèbre festival de Tanglewood, aux États-Unis, où elle étudie sous la direction d’Aaron Copland. Ce lien avec l’Amérique ne se rompra plus : au début des années 1970, elle est nommée professeure invitée à l’Université de Californie à Santa Barbara. Elle s’établit définitivement outre-Atlantique en 1972, un an après son mariage avec le violoniste et directeur d’opéra Peter Mark. Plus tard, elle partagera son savoir en tant que « Distinguished Professor » au Queen’s College de la City University de New York.

Le concept « dramatique abstrait » et l’inspiration picturale

Dès la fin des années 1960, Thea Musgrave se distingue par une approche unique de la musique instrumentale, qu’elle qualifie de « dramatique abstraite ». Dans des œuvres comme son Concerto pour orchestre (1967) ou son Concerto pour cor (1971), les musiciens ne se contentent pas de jouer : ils modifient leur place sur scène, se lèvent ou interrompent le chef d’orchestre, créant une véritable dramaturgie purement musicale, sans paroles.

Une autre source inépuisable de sa créativité réside dans son amour pour la peinture et les arts visuels. Sa pièce « The Seasons » (1988) est directement née d’une visite inspirante au Metropolitan Museum of Art de New York. Plus explicite encore, son œuvre « Turbulent Landscapes » transpose en musique la force sauvage et la lumière des célèbres toiles du peintre britannique William Turner.

Une dramaturge hors pair et l’hommage aux grandes figures de l’histoire

C’est pourtant dans l’art lyrique que le génie narratif de Thea Musgrave trouve sa plus belle expression. Autrice de plus d’une douzaine d’opéras, elle a la particularité d’écrire elle-même la plupart de ses livrets, s’assurant ainsi une fusion parfaite entre le texte et la musique.

Fascinée par les destins hors du commun, elle choisit fréquemment de placer de grandes figures historiques complexes au centre de ses drames. Le public et la critique salueront ainsi la force de ses opéras dédiés à la reine « Marie Stuart » (créé en 1977), à la militante abolitionniste américaine Harriet Tubman (Harriet, the Woman Called Moses, 1985) ou encore au révolutionnaire Simón Bolívar (Simón Bolívar, 1993).


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