Accent 4, l'instant classique
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Richard Strauss à la table de Monsieur Jourdain
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Dans cette émission présentée par Christiane Weissenbacher, partez à la découverte du Bourgeois gentilhomme de Richard Strauss. À travers des extraits choisis et le récit de sa genèse, l’œuvre se révèle sous un jour à la fois raffiné et malicieux, entre hommage baroque et satire musicale.


Richard Strauss et Le Bourgeois gentilhomme : le pastiche comme art de la métamorphose

À travers cette émission, nous découvrons une facette parfois méconnue de Richard Strauss : celle du compositeur enjoué, malicieux, pasticheur virtuose. Le Bourgeois gentilhomme, suite pour orchestre composée entre 1911 et 1917, révèle un musicien capable de jongler entre baroque stylisé et modernité raffinée, dans un dialogue fécond avec Molière… et Lully.

L’œuvre trouve ses racines dans un projet de collaboration ambitieux entre Strauss et le dramaturge Hugo von Hofmannsthal, son fidèle librettiste. Ensemble, ils rêvent de faire revivre l’esprit du théâtre du Grand Siècle, en adaptant la comédie-ballet de Molière avec son mélange de texte, de musique et de danse. Cette relecture devait servir d’introduction à une autre création : Ariadne auf Naxos, un opéra inséré après la pièce. L’entreprise, trop complexe, fut vite jugée impraticable dans sa forme initiale. En 1917, Strauss décide alors d’extraire la musique de scène pour en faire une suite de concert autonome, débarrassée du cadre théâtral.

La suite Le Bourgeois gentilhomme devient ainsi une œuvre orchestrale en neuf mouvements, qui convoque le passé avec ironie et élégance. Strauss y pastiche le style de Lully tout en le filtrant à travers son propre langage orchestral — à la fois limpide, coloré, et volontiers caricatural. On y entend des danses françaises, une sérénade italienne, une scène de cuisine bouillonnante, des fanfares burlesques et des clins d’œil au classicisme galant, voire rococo.

Mais derrière le charme souriant et la virtuosité légère de la partition, une double lecture s’impose. Il y a, bien sûr, la satire sociale héritée de Molière : celle du parvenu ridicule, M. Jourdain, qui rêve de noblesse et s’achète les apparences du bon goût. Mais il y a aussi l’autoportrait amusé d’un Strauss conscient des tensions entre tradition et modernité, entre le sérieux de l’art lyrique et la légèreté assumée de l’esprit français.

L’émission propose d’écouter plusieurs extraits marquants de cette suite, illustrant les nombreuses métamorphoses stylistiques de Strauss, et retrace l’histoire de cette œuvre atypique, qui tient autant du pastiche baroque que du regard ironique sur la société – et sur lui-même. Une promenade musicale à la fois érudite, brillante et pleine d’esprit, où l’on entend rire le XVIIIe siècle à travers les timbres de l’orchestre du XXe.

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