Sorti en 1966, ce premier 45-tours propulse instantanément un jeune compositeur inconnu de 23 ans au sommet des hit-parades. Et moi, et moi, et moi va dynamiter les codes de la variété de l’époque et s’installer comme l’un des actes de naissance du rock en français.
Le scalpel satirique de Jacques Lanzmann
Le morceau marque le début de la collaboration mythique entre Jacques Dutronc et son parolier Jacques Lanzmann. Ensemble, ils inventent un ton totalement inédit :
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L’ère du nombrilisme croquée au vitriol : Le texte met en scène un contraste saisissant entre les grands drames du monde (« Sept cents millions de Chinois / Et moi, et moi, et moi ») et le nombrilisme d’un bourgeois parisien obsédé par son confort (« J’y pense et puis j’oublie / C’est la vie, c’est la vie »).
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Une ironie salvatrice : À une époque partagée entre la légèreté des yéyés et le sérieux des chansons engagées, Dutronc choisit la troisième voie : celle de la dérision absolue et de l’autodérision.
Une révolution sonore garage-rock
Musicalement, Et moi, et moi, et moi bouscule le paysage radiophonique français par sa production brute et moderne :
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Le riff de guitare entêtant : Le morceau est porté par une ligne de guitare électrique incisive et répétitive, directement influencée par le garage rock britannique (The Kinks, The Who).
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Une rythmique métronomique : La basse et la batterie imposent un tempo carré, lourd et hypnotique qui soutient l’énumération des couplets sans jamais faiblir.
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Le détachement vocal légendaire : C’est sur ce titre que Dutronc pose les bases de son style : une voix traînante, un phrasé nonchalant, presque parlé, qui donne l’impression d’une totale désinvolture face au micro.
Tous les jours, retrouvez L’instant chanson Française dans Tempo Matin, présenté par Laurent Genvo. Le meilleur de la chanson française est sur Accent 4!