Ce mardi dans Tempo Matin, Michael Reibel nous propose une escale poétique hors du temps. Le pianiste Arcadi Volodos, magicien des couleurs et du silence, s’attaque à un monument d’une apparente simplicité : les Kinderszenen (Scènes d’enfants) op. 15 de Robert Schumann.
La quête de l’épure
On a longtemps connu Volodos pour sa virtuosité transcendante et ses transcriptions dantesques. Mais depuis quelques années, le pianiste s’est tourné vers une quête d’intériorité absolue. Dans sa chronique de 08h50, Michael Reibel explore comment Volodos traite ces treize petites pièces non pas comme des exercices pour enfants, mais comme les souvenirs d’un adulte tourné vers son passé.
Sous ses doigts, le célèbre Rêverie (Träumerei) ne tombe jamais dans le cliché ; il devient une méditation suspendue, où chaque note semble pesée pour sa résonance émotionnelle.
Le regard d’Accent 4 : Volodos possède cette rare faculté de faire oublier la mécanique du piano. Dans Schumann, il sculpte le son avec une douceur infinie, rendant justice à la complexité psychologique du compositeur allemand.
Ce qui rend cet enregistrement exceptionnel :
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Le toucher : Une palette de nuances allant du pianissimo le plus impalpable à une clarté cristalline.
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Le rythme : Un usage subtil du rubato qui donne l’impression d’une improvisation spontanée.
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La prise de son : Un écrin sonore qui permet d’entendre respirer l’instrument au plus près de l’interprète.