Ce mardi à 10h, Bernard Cribier nous ouvre à nouveau les portes des Fantômes de l’opéra pour la seconde partie de notre portrait consacré à l’immense contralto britannique Kathleen Ferrier. Une émission exceptionnelle, préparée avec Lucas Beorchia à la technique, pour faire entendre l’intégralité de trois chefs-d’œuvre absolus de Gustav Mahler, gravés dans des enregistrements entrés à jamais dans la légende.
Le tragique de l’existence mahlerienne épouse ici le destin fulgurant de cette interprète hors norme. Météore du chant lyrique, dotée d’un timbre grave unique et immédiatement reconnaissable, Kathleen Ferrier ne connut qu’une courte et intense carrière avant d’être emportée par la maladie à seulement 41 ans, alors qu’elle comptait parmi les personnalités les plus aimées du Royaume-Uni.
Bernard Cribier retrace la rencontre bouleversante et artistique avec le chef d’orchestre Bruno Walter. Devenu son mentor et son plus grand complice, il verra en elle l’interprète idéale de la musique de Mahler. Ensemble, ils marqueront l’histoire du disque, à commencer par la version de référence absolue des Kindertotenlieder (Chants sur la mort des enfants) enregistrée à Vienne en 1949.
L’émission nous replonge également dans la session d’enregistrement mythique du Chant de la Terre en mai 1952 avec les Wiener Philharmoniker, sommet inégalé de lyrisme et d’émotion, où l’« Adieu » (Abschied) final résonne douloureusement comme le propre adieu à la vie de la chanteuse. Enfin, malgré d’immenses souffrances et un épuisement total, nous entendrons l’incroyable force dramatique des Rückert Lieder enregistrés au lendemain de ce triomphe, capturés dans un ultime sursaut en une seule et unique prise magique. Un portrait saisissant qui s’achève sur la pureté céleste de l’« Urlicht » extrait de la Deuxième Symphonie « Résurrection », gravé sous la direction d’Otto Klemperer. Une immersion poignante où, sans artifice, c’est le destin lui-même qui chante.