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Centenaire de Miles Davis, l’éternel révolutionnaire du jazz
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Le 26 mai 1926 naissait à Alton, dans l’Illinois, un monstre sacré de la musique du XXème siècle : Miles Davis. S’il nous a quittés en septembre 1991 à Santa Monica, l’année 2026 marque son centenaire, une occasion magistrale de mesurer l’onde de choc que ce trompettiste et compositeur de génie a laissée sur l’histoire de la musique universelle.

Un style unique empreint de fragilité

Initié à la trompette dès l’âge de 13 ans, Miles Dewey Davis III va rapidement s’éloigner de la démonstration technique pure pour développer une signature sonore unique. Sa force résidait dans son art du silence, son sens de l’espace et une capacité inégalée à insuffler une immense fragilité à son jeu. Là où d’autres accumulaient les notes, Miles Davis cherchait la note juste, celle qui touche directement l’âme.

Le grand caméléon et le flair des talents

Si l’on devait résumer la carrière de Miles Davis, le mot « mutation » s’imposerait de lui-même. Véritable caméléon musical, il a traversé et initié presque toutes les grandes évolutions du jazz moderne. Mais son autre coup de génie fut sans conteste son flair extraordinaire pour s’entourer des plus grands talents de leur génération, transformant ses groupes en de véritables laboratoires d’avant-garde.

  • Les années 1950 et l’âge d’or : À la tête de formations légendaires, il propulse sur le devant de la scène des géants en devenir comme le saxophoniste John Coltrane, le pianiste Bill Evans, ou encore Sonny Rollins et Julian « Cannonball » Adderley. C’est à cette époque, en 1957, qu’il signe l’improvisation historique de la bande originale d’« Ascenseur pour l’échafaud » pour le réalisateur français Louis Malle, scellant à jamais son lien avec l’Europe et le cinéma.

  • La révolution électrique et le Jazz Fusion : À la fin des années 1960, la découverte de la musique de Jimi Hendrix agit sur lui comme un électrochoc. Miles Davis électrise son jazz, brise les structures traditionnelles et invente le Jazz Fusion avec des albums cultes comme Bitches Brew. Pour porter cette nouvelle musique entre les années 60 et 80, il recrute la future élite mondiale : Herbie Hancock, Wayne Shorter, Chick Corea, John McLaughlin ou encore Keith Jarrett.

Une superstar engagée et icône de mode

Miles Davis fut bien plus qu’un musicien de jazz ; il accéda au rang de superstar internationale, au même titre qu’un Louis Armstrong, devenant l’un des tout premiers artistes noirs à être pleinement plébiscité par l’Amérique moyenne.

Personnage charismatique et mystérieux, il était aussi une icône de mode absolue. Son sens de l’élégance lui vaudra d’ailleurs d’être sacré « homme le mieux habillé de l’année » par le prestigieux magazine GQ au cours des années 1960.

Mais derrière le dandy se cachait un homme profondément engagé. Tout au long de sa vie, Miles Davis a mis sa notoriété au service de la cause noire, menant un combat sans relâche contre le racisme et la ségrégation en Amérique. Preuve de son éternelle modernité et de son refus de regarder en arrière, son tout dernier album (posthume), « DOOBOP » (1992), intégrait avec brio les influences du hip-hop et du rap de la jeune génération.

Cent ans après sa naissance, le son de Miles Davis résonne encore avec la même urgence et la même modernité. Retrouvez ce focus et le podcast d’Anne-Valérie sur le site internet d’Accent 4.


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