Ce lundi 11 mai, Michael Reibel nous fait découvrir dans Tempo Matin une relecture fascinante d’un monument de l’histoire de la musique : « L’Été » (L’Estate) d’Antonio Vivaldi. Pour ce faire, il a choisi le nouvel enregistrement du Quatuor Ardeo, qui relève le défi d’interpréter ce concerto initialement prévu pour violon soliste et orchestre à cordes dans une version pour quatuor.
Vivaldi à nu : l’énergie du Quatuor
Passer du format orchestral au quatuor à cordes n’est pas qu’une question de réduction d’effectif ; c’est une mise à nu de la partition. Michael Reibel souligne la précision chirurgicale et la fougue des musiciennes du Quatuor Ardeo. Dans le célèbre Presto final — qui dépeint l’orage estival — les quatre instrumentistes déploient une puissance sonore et une virtuosité qui n’ont rien à envier aux ensembles baroques les plus étoffés.
Cette version permet d’entendre des détails d’écriture, des contrepoints et des audaces harmoniques que la masse orchestrale dissimule parfois.
Le saviez-vous ? Le nom « Ardeo » signifie en latin « je brûle ». Un patronyme qui n’a jamais été aussi bien porté que dans ce Concerto en sol mineur RV 315, où la chaleur accablante le dispute à la fureur des éléments.
Les points clés de cette nouveauté :
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La Transparence : Une texture de quatuor qui offre une lisibilité inédite sur les motifs de Vivaldi.
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Le Tempérament : Une interprétation nerveuse, contrastée, qui refuse le joli pour privilégier le vrai.
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L’Articulé : Un travail sur le grain de la corde qui évoque presque le jeu sur instruments d’époque, tout en gardant la brillance du moderne.