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Quand l’opéra se met au vert : l’appel insolite de Montpellier et la transition écologique des scènes lyriques

C’est une annonce pour le moins inattendue qui a agité le monde de l’art lyrique ces derniers jours. L’Opéra de Montpellier a lancé un appel officiel et des plus originaux à son public : une collecte de vêtements et d’équipements de ski.

Une démarche surprenante qui prête d’abord à sourire, mais qui s’inscrit en réalité dans une démarche de fond extrêmement sérieuse et inspirante : celle de la transition écologique et de l’économie circulaire au sein des grandes institutions culturelles françaises. À l’heure où le spectacle vivant doit réinventer ses modèles de production, cette initiative montpelliéraine résonne tout particulièrement, y compris chez nous, en Alsace, où nos propres scènes se mobilisent également pour un avenir plus durable.

 

L’Opéra Orchestre présentera les 22, 23 et 27 décembre 2026 la première mondiale du Baiser de la fée, un opéra du compositeur ukrainien Théodore Akimenko dont l’histoire se situe dans les Alpes. Portée par un collectif de jeunes et brillants artistes italiens (Opera Popolare), la mise en scène fera la part belle à l’aspect fantastique de l’œuvre tout en évoquant les conséquences du réchauffement climatique.

Théodore (Fedor Stepanovich) Akimenko est né le 20 février 1876 à Pisky en Ukraine et décédé le 8 janvier 1945 à Paris est un pianiste, musicologue et compositeur ukrainien. À l’âge de neuf ans Théodore Akimenko intègre la Chapelle Royale de Saint-Pétersbourg. Il y est élève de Nikolai Rimsky-Korsakov et Mily Balakirev. En 1895 il entre en classe de composition au Conservatoire Supérieur de Saint-Pétersbourg.

Après une courte période où Akimenko dirige le conservatoire de Tbilissi (1901-1902), il retourne à Saint-Pétersbourg. Puis, en 1903, il est invité à diriger le chœur de l’église russe à Nice. De 1903 à 1906 Akimenko vit en France avant de retourner à Kharkiv, en Ukraine. De 1906 à 1914 il enseigne au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Il y fut également l’un des premiers professeurs de composition d’Igor Stravinsky.

En 1924 Akimenko émigre à Prague. Il dirige la faculté de musique à l’Institut Pédagogique Ukrainien de Mykhaïlo Drahomanov jusqu’en 1926. En 1925 Akimenko publie à Prague son « Cours pratique d’harmonie musicale ». Les dernières dix-neuf années de sa vie le compositeur passe en France, entre Paris et Nice.

Il est inhumé à Paris au cimetière des Batignolles.

 

 

Dès la semaine prochaine, les citoyens sont invités à vider leurs placards et à faire don de leurs anciennes combinaisons, vestes de snowboard, bonnets, gants ou lunettes de protection à l’Opéra de Montpellier. Plutôt que de commander des dizaines de costumes neufs qui ne serviront que pour quelques représentations, la maison d’opéra fait le choix judicieux de la récupération et du recyclage. Si le détail de l’œuvre nécessitant une telle garde-robe hivernale reste entouré d’un certain mystère, cette collecte solidaire témoigne d’une volonté farouche de réduire l’empreinte carbone liée à la création de spectacles vivants. Elle permet également de créer un lien direct et participatif avec les habitants, transformant les spectateurs en véritables contributeurs de l’aventure scénique.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus vaste qui bouscule les codes traditionnels de l’opéra. Historiquement, le monde lyrique est connu pour sa démesure : décors monumentaux construits pour quelques soirées puis détruits, costumes somptueux façonnés dans des tissus coûteux importés du bout du monde, éclairages énergivores… Aujourd’hui, la prise de conscience est générale. Les directeurs techniques et les scénographes doivent désormais composer avec des critères d’éco-conception de plus en plus stricts. La réutilisation des matériaux, l’achat de seconde main et la mutualisation des décors entre différentes maisons d’opéra deviennent progressivement la norme.

L’Opéra national du Rhin (OnR), institution phare qui rayonne sur Strasbourg, Mulhouse et Colmar, s’est lui aussi engagé de manière très concrète dans cette voie de la durabilité. Des ateliers de décors aux costumières, les équipes locales cherchent continuellement à minimiser leur impact environnemental. On privilégie désormais des peintures non toxiques, des structures démontables et recyclables, ainsi que la réutilisation de costumes issus des riches réserves de l’institution pour de nouvelles productions. Les circuits courts et le savoir-faire des artisans locaux sont plus que jamais valorisés, prouvant que la transition écologique peut rimer avec excellence artistique.

De plus, cette démarche éco-responsable s’accompagne souvent d’un volet social fort. En sollicitant le public pour des dons de vêtements ou de matériel, les théâtres s’ouvrent sur la cité. Ils brisent l’image parfois élitiste de l’opéra pour en faire un espace commun d’échange et de solidarité. Après tout, quoi de plus gratifiant pour un passionné de musique que de voir sa vieille veste de ski fouler les planches sous les projecteurs, portée par un ténor ou une soprano de renommée internationale ? C’est une belle manière d’ancrer le spectacle vivant dans le quotidien et le cœur des territoires.

En somme, l’appel de l’Opéra de Montpellier n’est pas un simple fait divers amusant, mais le symbole d’une véritable révolution verte qui traverse le monde de la musique classique. De la Méditerranée aux rives du Rhin, les artistes et les techniciens redoublent d’ingéniosité pour que la magie de la scène continue d’opérer, sans pour autant hypothéquer l’avenir de la planète. Une transition nécessaire que nous ne manquerons pas de suivre et de soutenir sur l’antenne d’Accent 4.

 

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