Site icon Accent 4

Théâtre : L’amour c’est pour du beurre, une ode vibrante et décalée à l’humanité au TAPS Scala

Cette semaine, le TAPS Scala de Strasbourg accueille la création collective L’amour c’est pour du beurre, mise en scène par la metteuse en scène belge Éline Schumacher. Du mercredi 27 au vendredi 29 mai 2026, plongez au cœur d’une comédie humaniste, tendre et joyeusement chaotique.

Quand Shakespeare s’invite dans une salle de gym

Le point de départ est aussi improbable que savoureux : six « écorchés vifs » de tous âges se réunissent dans l’odeur de sueur d’une salle de gym pour monter La nuit des rois de William Shakespeare. Livrée à elle-même, cette troupe d’amateurs débordante de bonne volonté doit composer avec un texte exigeant et un décor en carton qui menace à tout moment de s’effondrer.

Sous la houlette d’une animatrice – parfait alliage entre l’artiste et l’assistante sociale –, ces six personnages (qui devaient être sept, mais une certaine Nadine n’est jamais venue) sont là pour « aller mieux » et soigner leurs maux, qu’ils soient au corps, à la tête ou au cœur.

« Nous sommes à 33% Shakespeare, 33% de mon écriture, 33% de [la troupe] et 1% de magie. » – Éline Schumacher

Une comédie de masques et de quiproquos

Portée par une distribution talentueuse (Lucile Charnier, Mathylde Demarez, Thomas Dubot, Sarah Lefèvre, Titouan Quittot et Noémie Zurletti), la pièce utilise le théâtre masqué pour sonder l’âme humaine avec une couche supplémentaire de mystère et de poésie.

Si l’ambiance carnavalesque multiplie les accidents de langage et les quiproquos rigoureusement calqués sur les rouages de Shakespeare, l’œuvre s’en détache par sa tendre lucidité : contrairement à La nuit des rois, on n’arrive pas à s’aimer si facilement. Entre silences gênés et élans créatifs, la pièce devient une ode festive et consolatrice face à la solitude moderne.

Éline Schumacher : un théâtre de l’instinct et de la générosité

Née à Charleroi et formée à l’INSAS à Bruxelles, Éline Schumacher s’est forgé une signature théâtrale unique : un univers fantasque, autobiographique, délicieusement décalé et profondément spontané. Après avoir exploré la perte de l’innocence (Manger des épinards…) ou le dérèglement climatique (La bombe humaine avec Vincent Hennebicq), elle livre ici une mécanique virtuose qui met joyeusement à nu la pulsion absolue du jeu.

Informations pratiques

Ne manquez pas ce rendez-vous théâtral unique, qui marque également la fin de saison avant les restitutions des ateliers de pratique du TAPS en juin et la programmation estivale!

Quitter la version mobile