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Constantin Enache : Le Geste, la Plume et le Sacré

Par la rédaction d’Accent 4

Constantin Enache, chorégraphe et metteur en scène d’origine roumaine, vit et travaille à Colmar depuis 2019. Après la publication de deux premiers ouvrages de poésie, il vient d’être édité par les éditions Edilivre pour un nouveau livre : Sacred and Profane-Nihil Sine Deo-Cosmogony.

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Constantin Enache est un auteur d’origine roumaine aux multiples casquettes : metteur en scène, chorégraphe, acteur, designer, auteur, écrivain, essayiste, poète, traducteur, peintre, formateur, danseur indépendant et co-auteur de plusieurs anthologies. Membre à part entière de l’UNACOR – l’Union de l’Art chorégraphique de Roumanie, depuis sa  fondation en 2017, Constantin est diplômé du Lycée d’Arts de Roumanie, option : Chorégraphie.

Artiste aux mille visages, Constantin Enache incarne cette figure rare de l’humaniste moderne. Originaire de Roumanie et désormais ancré dans le paysage culturel alsacien (notamment à Colmar), cet artiste interdisciplinaire — tour à tour chorégraphe, metteur en scène, poète et peintre — livre aujourd’hui un nouvel opus fascinant : Sacred and Profane – Nihil Sine Deo – Cosmogony. Portrait d’un créateur qui fait de l’art un pont entre terre et ciel.

Un parcours entre rigueur classique et avant-garde

Diplômé du Collège National des Arts de Roumanie et titulaire d’un Master en composition chorégraphique de l’Université de Bucarest, Constantin Enache a d’abord sculpté l’espace par le mouvement. Lauréat de nombreux prix internationaux de danse et de chorégraphie, il est reconnu pour sa capacité à fusionner les contraires : le calme du rite et la fureur du mouvement, la tradition ancestrale et l’innovation futuriste.

Pour Enache, le corps est une partition et le silence une musique. Son approche esthétique ne s’arrête pas à la scène ; elle innerve sa peinture et, plus récemment, sa poésie. Ses œuvres picturales, souvent intégrées à ses publications, ne sont pas de simples illustrations mais des prolongements de sa réflexion ontologique.

Parmi les nombreux prix et distinctions, signalons en 2013 le Prix du Jury « Composition chorégraphique exceptionnelle » du Concours Mondial de Ballet, catégorie Danse contemporaine. En 2015, l’Université Nationale d’Art Théâtral et Cinématographique de Bucarest, lui décerne le Prix de la « Meilleure création chorégraphique » et le Prix du « Meilleur interprète d’une performance chorégraphique » ; la même année, il reçoit le Prix du Concours National de Chorégraphie du Centre national de la danse de Bucarest.

Il devient connu pour la combinaison des éléments de la philosophie orientale et occidentale en créant son propre langage unique, mais également pour la fusion d’éléments opposés et unis (le mouvement et le calme, le son et la paix, la tradition et l’innovation). Dans son art et travail, son approche esthétique est interdisciplinaire.

Sacred and Profane — Nihil Sine Deo — Cosmogony est un recueil poétique d’une ambition remarquable, publié aux éditions Edilivre et préfacé par Monsieur le Professeur d’Université Dr Sergiu ANGHEL. Le titre lui-même est un programme : il annonce une exploration des frontières entre le sacré et le profane, guidée par la devise latine Nihil Sine Deo — « Rien sans Dieu » — et une réflexion cosmogonique sur les origines du monde.

L’ouvrage s’inscrit dans une tradition poétique et philosophique qui remonte aux grands textes fondateurs de l’humanité : Hésiode, les hymnes védiques, la Genèse, les mythologies nordiques et greco-romaines. Il les convoque et les dépasse en proposant une vision personnelle, intime et universelle à la fois, de la naissance du cosmos.

La structure de l’œuvre reflète son ambition cosmogonique : à l’image du Big Bang, le livre semble partir du silence pour déployer progressivement une polyphonie de voix, d’images et de symboles. La tension entre le sacré — ce qui est mis à part, consacré, transcendant — et le profane — ce qui appartient au monde ordinaire, au quotidien, à la matière — est le moteur dramatique du recueil.

La poésie de Constantin Enache ne recherche pas la facilité de lecture, mais interpelle, suscite et ouvre des perspectives nouvelles.

Prof. d’Université Dr. Sergiu ANGHEL

La devise latine Nihil Sine Deo, héritée de Maximilien Ier et associée à une symbolique royale et spirituelle, donne au livre sa colonne vertébrale philosophique. Elle suggère que toute création, tout acte, toute pensée, trouve son sens ultime dans une référence au divin — qu’on l’entende au sens religieux strict ou dans une acception plus large de l’ordre cosmique et de la beauté.

La langue anglaise choisie par l’auteur confère à l’œuvre une dimension universelle. Le latin ponctue certains passages, créant un effet de distanciation sacrée, d’élévation au-dessus du temps ordinaire, rappelant les grandes liturgies et les textes fondateurs de la civilisation occidentale.

Thèmes & Résonances

Le thème de la cosmogonie — récit ou théorie de la formation et de l’origine de l’univers — traverse l’ensemble du recueil. L’auteur dialogue avec les grandes traditions mythologiques et religieuses : la Genèse judéo-chrétienne, le chaos primordial d’Hésiode, le Rig-Véda, les cosmologies amérindiennes. Cette pluralité de références n’aboutit pas à une synthèse syncrétique superficielle, mais à une interrogation authentique sur ce que signifie « commencer ».

La dualité sacré/profane, théorisée par Mircea Eliade dans son œuvre fondatrice, constitue l’autre grand axe du livre. Loin de hiérarchiser ces deux modes d’être au monde, le poète les fait coexister, se frotter, se transformer mutuellement. Le profane n’est pas l’ennemi du sacré : il en est le terrain d’expression, le matériau brut que la poésie transfigure.

Pourquoi lire ce livre ?

Lire Sacred and Profane — Nihil Sine Deo — Cosmogony, c’est accepter d’être transporté hors du temps ordinaire, dans cet espace-temps particulier qu’ouvre la poésie quand elle s’attaque aux questions fondamentales. Ce livre s’adresse à ceux qui croient encore que les mots peuvent toucher l’indicible, que la beauté d’un vers peut éclairer ce que la raison seule ne saurait saisir.

Constantin Enache propose une vision poétique globale, où la poésie n’est pas un simple exercice lyrique, mais un instrument d’investigation ontologique. Les textes composent une Weltanschauung singulière, située au carrefour du sacré archaïque, de la mythologie roumaine, des cosmologies modernes et d’une réflexion existentielle contemporaine née du constat tragique que l’homme se perçoit non comme la mesure de toute chose, mais comme la somme de toutes choses susceptibles de l’anéantir.

Le poète travaille avec une conception disjointe du monde, où le corps, l’esprit, la parole et l’univers sont expressions d’une même énergie primordiale, mais qui souffre de l’hubris de l’homme refusant d’accepter sa place au sein de ces forces stihiniques qui l’écrasent autant que ce drame l’élève ontologiquement au-dessus des anges. Le caractère interdisciplinaire de l’auteur – chorégraphe, metteur en scène, artiste visuel – transparaît fortement dans la structure de ses poèmes, qui fonctionnent souvent comme des partitions scéniques ou des tableaux cinématographiques. La poésie d’Enache ne se lit pas seulement, elle se « voit », « entend » et « danse », se situant à la croisée du lyrique, du rituel et du performatif.

Dans un paysage littéraire contemporain souvent fragmenté et ironique, cet ouvrage représente un pari courageux : celui de la sincérité, de la profondeur, de l’élévation. Une voix singulière que Accent 4 est heureux de faire découvrir à ses lecteurs.

Séance de dédicace le 9 mai de 14H00 à 18H00 à la librairie RUC à Colmar – Ce sera l’opportunité d’échanger autour de l’ouvrage, de partager un moment convivial et, bien entendu, de faire dédicacer votre exemplaire.

(C) Accent 4 – Mai 2026

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