Elle veut une vache sur scène ? Elle l’aura ! À l’Opéra national du Rhin, Gypsy replonge le public dans l’univers du music-hall américain des années 1930. Entre strass, cabarets et rêves de Broadway, la comédie musicale écrite par Arthur Laurents et composée par Stephen Sondheim clôt la dernière saison imaginée par Alain Perroux à la tête de l’institution strasbourgeoise avant l’entrée en fonction de Chrysoline Dupont.
Pour cette dernière production de la saison, le Cabaret de l’Opéra national du Rhin réussit son pari : transporter le public dans l’Amérique des années 1930. Dès les premières minutes, on en oublierait presque qu’il s’agit de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg tant la direction de Matthew Straw donne au spectacle l’énergie d’un véritable Broadway d’époque.
Au centre de cette fresque familiale : Rose, une mère autoritaire et excessive prête à tout pour transformer ses filles en vedettes du music-hall. Natalie Dessay campe ce personnage avec une aisance remarquable. Tantôt drôle, tantôt étouffante, elle occupe la scène avec une vitalité permanente.
« – Arrêtez de me couper au milieu de ma phrase !
– Vous êtes toujours au milieu d’une phrase ! »
Mais derrière les airs entraînants et les numéros éclatants, Gypsy raconte surtout l’effritement progressif d’un rêve américain. Lorsque June cherche à s’émanciper, Rose reporte toutes ses ambitions sur Louise, son autre fille. De tournée en tournée, l’univers du spectacle conduit la jeune femme vers les cabarets de strip-tease, au grand désespoir de sa mère.
Entre amour vache et rêves de gloire, Gypsy aura renvoyé le public strasbourgeois quatre-vingt-dix ans en arrière. En sortant de la salle, on se surprendrait presque à chercher Times Square plutôt que la place Broglie.
À retrouver à l’Opéra national du Rhin jusqu’au 12 juin à Strasbourg puis les 21 et 23 juin à Mulhouse.
Plus d’informations : https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2526/comedie-musicale/gypsy

